AURORE SUR ENGELAND
Notre comité a obtenu le 17e Prix Paul Duvigneaud de l’éducation permanente à l’écologie urbaine. Le thème de cette année est : « 2010, année de la biodiversité, Agir ici, ensemble et …à temps. » Rappelons que ce prix est soutenu par la Commission communautaire française.
L’aurore (Anthocharis cardamines) est un joli papillon blanc printanier dont le mâle arbore deux jolies taches oranges sur les ailes. Nous avons pris ce papillon comme emblème de notre projet pour marquer l’ initiation de la prise en compte de la biodiversité dans le quotidien des habitants du quartier.
Ce papillon subsiste encore sur le plateau Engeland mais a fortement régressé par suite de la disparition progressive de son habitat et de l’extension de l’urbanisation. Sa présence est liée aux espaces semi-ouverts, aux lisières boisées et aux haies. Les papillons y trouvent les cardamines des prés sur lesquelles ils pondent et qui est une de leurs plantes hôtes favorites
Pour accueillir et régénérer la venue des plantes sauvages favorables au papillon, une poignée d’ habitants du quartier ont décidé de laisser pousser une parcelle de leur pelouse et de la transformer en pré, fauché une fois l’an.
Cette action devrait s’étendre au-delà des jardins privés, sur un terrain en intérieur d’îlot, propriété de la Société de logements COBRALO et situé entre la rue Engeland et l’avenue de la Gazelle. Cet espace, relativement étendu, laissé en pré de fauche, selon une gestion écologique, deviendrait un lieu de rencontre didactique et expérimental pour les écoles, les habitants, y compris pour ceux qui n’ont pas de jardins ou des jardins trop exigus pour pouvoir participer directement à cette action.
Le projet intègre la notion de préservation de la biodiversité, thème de cette année, à une action pédagogique plus étendue vers les habitants moins favorisés qui permettra d’établir un meilleur dialogue entre les riverains des différents types d’habitats du quartier.
Le comité de quartier souhaite la collaboration communale pour ce projet qui rentre dans le cadre de l’agenda 21, dont un des thèmes est la préservation de la nature.
Dans chaque quartier on peut trouver des espèces qui sans être encore menacées connaissent une régression significative. L’érosion de la biodiversité ne se mesure pas qu’à la disparition des espèces, la raréfaction ou l’altération des habitats, les milieux qui abritent les espèces et la vie sauvage, est indéniable et préoccupante. L’urbanisation croissante et le bétonnage progressif et cumulatif des moindres espaces de friches de la ville, jadis plus nombreux et accueillants pour la vie sauvage, accentuent l’érosion des espèces dont l’homme, rappelons-le, fait partie intégrante. Rappelons que la survie de l’humanité dépend du bon états des écosystèmes qui rendent un immense service à la vie sur terre.
Chacun peut accueillir et préserver la vie sauvage autour de lui, même, et je dirais surtout, en ville où la pression environnementale est forte. Il faut toutefois remarquer que certaines espèces, comme les abeilles, par exemple, se portent paradoxalement mieux dans la ville, moins agressée par les pesticides qui désertifient nos campagnes. Ceci prouve que nos actions même modestes ont un impact sur la vie des espèces
Vous aussi, à l’instar des habitants du Plateau Engeland, réserver un accueil favorable à la vie sauvage dans votre jardin, votre balcon ou votre quartier. Bannissez les pesticides et laisser pousser les herbes dites « mauvaises » mais si belles et tellement nécessaires à nos plus beaux papillons et insectes.
A propos du Prix Paul Duvigneaud:

Le Centre Paul Duvigneaud (cf. leur site): créée en 1991, l’asbl Centre Paul Duvigneaud développe, grâce au soutien de la Région de Bruxelles-Capitale, des missions de sensibilisation à la biodiversité et à l’environnement, particulièrement dans le domaine de l’écologie urbaine : conférences, animations sur le terrain, projets pédagogiques avec différents partenaires (maisons de quartier, écoles…) et bibliothèque ouverte à tous.
Le Prix Paul Duvigneaud: le Prix Paul Duvigneaud de l’Education permanente à l’Environnement urbain est né en 1992, à l'initiative d' Inter-Environnement Bruxelles qui rendait ainsi hommage au Prof. Duvigneaud, pionnier de l'étude de l' "écosystème urbain" mais aussi pédagogue hors pair.
Les 11 premières éditions du Prix, déjà soutenues par la COCOF, furent organisées par IEB, qui passa le flambeau à l’ASBL Centre Paul Duvigneaud en 2003.
Son but est de permettre l'éclosion de projets d'éducation permanente centrés sur l'environnement et la biodiversité, en Région de Bruxelles-Capitale. Il est organisé tous les ans, avec un thème particulier à chaque édition.
Cette année, le thème « 2010, année de la biodiversité. Agir: ici, ensemble et... à temps! » proposait de développer une sensibilisation basée sur des espèces ou des milieux dont le déclin n'est pas nécessairement spectaculaire, mais qui permettent d'encourager une démarche locale et participative.
