Uccle, le

Au Collège des Bourgmestre et Echevins de la Commune d’Uccle
29 place Vander Elst
1180 Bruxelles

Concerne : Enquête publique du 26 novembre au 25 décembre 2005. Demande de permis de lotir n° 476 bis. Etude d’incidences et projet amendé.

Mesdames, Messieurs,

Je désire être convoqué(e) à la commission de concertation.

Je regrette que l’absence de plan particulier d’aménagement du sol sur le plateau Engeland ait laissé à des promoteurs immobiliers les mains libres pour nous présenter un projet de lotissement dense, en discordance avec le bâti du quartier et sans espaces de protection pour les zones NATURA 2000.

Si le plan régional d’aménagement du sol a inscrit une partie du plateau Engeland en zone d’habitation à prédominance résidentielle, il n’a pas imposé d’y construire 298 logements. Bien au contraire, ses recommandations vont dans le sens de la « protection des qualités biologiques du couvert végétal et de la protection voire du renforcement de la typologie paysagère de la rue Engeland et du chemin du Puits ».

Le chargé d’études d’incidences nous présente le nombre de 298 logements comme maximal mais incompressible car il y va de la rentabilité du projet pour le promoteur. Est-il normal que les incidences en rapport avec un nombre inférieur de logements n’aient pas été approfondies car le projet serait alors considéré comme non rentable ? Est-il normal que l’alternative de construire uniquement des maisons unifamiliales ait été écartée pour le motif peu fondé que « le comportement des riverains gérant eux-mêmes leur jardin individuel face à une zone naturelle est généralement moins écologique que celui d’une copropriété » ? A mon sens, les propriétaires de maison peuvent se réfugier dans leur jardin et exercent une pression humaine (reconnue comme réelle dans l’étude d’incidences) certainement moins forte sur les zones Natura que les habitants des appartements qui n’ont que les zones vertes pour se promener. Ne fallait-il pas envisager le projet le plus équilibré en suivant les recommandations du PRAS plutôt que d’avaliser purement et simplement le projet le plus rentable ? Est-ce vraiment de développement durable dont nous parlons ici ?

Concernant la mobilité, l’analyse des incidences du projet fait état d’un accroissement de 140 véhicules/heure avenue de l’Hélianthe, en heure de pointe du matin. Cette avenue verrait son trafic passer de 30 à 60 véhicules/heure à 170 voire 200 véhicules/heure. De plus, cette nouvelle voirie couperait le tracé de la promenade verte « cycliste » installée sur le chemin du Puits. La commune envisage-t-elle de se charger du coût des travaux de réaménagement du carrefour Homborchveld/Gazelle (jugé dangereux par l’étude pour un tel trafic) et de la portion de la rue Engeland (trop dangereuse et trop bruyante) ?
L’alternative qui consiste à supprimer tout accès du projet par l’avenue de l’Hélianthe n’a pas été retenue car jugée trop radicale. Pourtant les quartiers à circulation locale et en culs-de-sac n’offrent pas de trafic de transit et gardent leur tranquillité, ce que recherchent les plans de mobilité actuels désireux de privilégier la qualité de la vie en ville. Je demande donc de privilégier cette option et de garder les culs-de-sac de l’avenue de l’Hélianthe et du chemin du Puits dans leur état actuel.

Du point de vue des zones Natura 2000, l’étude recommande la création d’une zone de lisière de 20m, transition à vocation écologique entre la zone boisée et le lotissement. Mais au lieu de mettre cette lisière dans la zone constructible, le projet amendé l’a tout simplement placée dans la zone Natura 2000 protégée. Il est parfaitement inadmissible d’amputer la zone verte de haute valeur biologique. La seule protection qui consiste en la pose d’une clôture de 2m de haut et d’accès limité ne sera pas à mon avis suffisante pour conserver aux sites naturels leur fonction écologique.

Le chargé d’étude n’a pas approfondi toutes les réflexions d’un aménagement durable, mais a axé ses conclusions sur la défense de la rentabilité du projet tel que présenté par son client, la Sté momentanée Engeland. En conclusion, le projet présenté est trop dense et ne correspond pas aux gabarits du quartier bâti de maisons unifamiliales, les problèmes existants de mobilité seront amplifiés, les intérieurs d’îlots sont réduits et peu valorisés et la zone verte de haute valeur biologique au lieu d’être protégée sera amputée. Et par-dessus tout, l’offre de logements- présentée par le demandeur comme du moyen supérieur- sera en fait du haut de gamme, réservée à une clientèle privilégiée et certainement pas à ceux qui en ont le plus besoin à Bruxelles. Ce projet n’a pas été pensé dans l’optique d’un développement durable et est inacceptable.

Veuillez agréer, Mesdames, Messieurs, l’assurance de ma parfaite considération.